Bases du japonais
La prononciation du japonais
La prononciation est l’une des parties les plus accueillantes du japonais, surtout pour un francophone : cinq voyelles qui ne changent jamais, un petit jeu de consonnes, et un rythme régulier. Les quelques pièges pour débutants, voyelles longues, consonnes doubles et « u muet », sont tous visibles dans les kana, une raison de plus d’apprendre les hiragana plutôt que de lire les romaji.
Les cinq voyelles
Chaque syllabe japonaise se termine par l’une des cinq voyelles (ou est le n seul). Elles sont brèves, pures et toujours identiques, très proches des voyelles françaises.
| Kana | Romaji | Comme en français | Exemple |
|---|---|---|---|
| あ | a | le a de « papa » | あさ (asa, le matin) |
| い | i | le i de « lit » | いぬ (inu, le chien) |
| う | u | le ou de « fou », lèvres détendues, pas arrondies. Jamais le u de « lune » | うみ (umi, la mer) |
| え | e | le é de « thé » | えき (eki, la gare) |
| お | o | le o de « mot » | おちゃ (ocha, le thé) |
Deux erreurs typiquement françaises : lire u comme dans « lune » (c’est ou), et lire e comme un e muet (c’est é).さけ (sake) a bien deux syllabes, sa-ké.
Les consonnes qui méritent une note
- r (ら り る れ ろ) est un seul battement de la langue, entre r, l et d. Rien à voir avec le r français du fond de la gorge ; le r roulé de l’espagnol « pero » en est proche.
- h est toujours soufflé, comme en anglais « hello » : はな (hana, la fleur) n’est pas « ana ». fu (ふ) se souffle entre les lèvres, plus doux qu’un f.
- tsu (つ) est le ts de « tsé-tsé », y compris en début de mot : つき (tsuki, la lune).
- shi, chi, ji (し ち じ) se disent chi, tchi, dji.
- n (ん) est la seule consonne qui existe seule. Elle prend un temps entier et change selon ce qui suit : m devant b ou p (せんぱい sonne sempai), ng devant k ou g. Elle ne nasalise jamais la voyelle comme dans « bon ».
- g est toujours dur, comme dans « gare », jamais comme dans « gel ».
La more : le rythme du japonais
Le japonais se compte en temps appelés mores, pas en syllabes accentuées. Chaque kana vaut un temps et chaque temps dure à peu près autant. とうきょう (Tōkyō) fait quatre temps, to-o-kyo-o, pas deux. Garder les temps égaux, sans allonger la dernière syllabe comme on le fait en français, est le plus grand pas vers un accent naturel.
Les voyelles longues
Une voyelle longue est simplement la voyelle tenue deux temps, et elle change le sens. En hiragana elle s’écrit avec un kana de voyelle supplémentaire (あ, い, う, et う après o : おう se lit ō) ; en katakana, avec la barre ー. Les romaji la notent avec un macron : ō, ū.
| Brève | Sens | Longue | Sens |
|---|---|---|---|
| おばさん (obasan) | la tante | おばあさん (obāsan) | la grand-mère |
| おじさん (ojisan) | l’oncle | おじいさん (ojīsan) | le grand-père |
| ゆき (yuki) | la neige | ゆうき (yūki) | le courage |
| ビル (biru) | l’immeuble | ビール (bīru) | la bière |
Les consonnes doubles : le petit っ
Un petit っ est une pause d’un temps avant la consonne suivante, comme le petit arrêt entre les deux t de « nette tenue » dit avec soin. Les romaji doublent la lettre.
| Sans | Sens | Avec っ | Sens |
|---|---|---|---|
| きて (kite) | viens | きって (kitte) | le timbre |
| さか (saka) | la pente | さっか (sakka) | l’écrivain |
| おと (oto) | le son | おっと (otto) | le mari |
Le u et le i « muets »
Entre deux consonnes sourdes (k, s, t, h, p) ou en fin de mot, u et i sont chuchotés si légèrement qu’ils semblent disparaître. C’est pourquoi です sonne « dess », ます « mass », et すき (suki, aimer) « ski ». Écrivez les kana en entier, dites-les légèrement.
La hauteur, pas l’accent
Les mots japonais n’ont pas de syllabe accentuée. À la place, la hauteur de la voix monte ou descend entre les temps. Cela gêne rarement la compréhension, et les schémas standards s’apprennent à l’oreille : はし est le pont quand la hauteur monte, les baguettes quand elle descend. Écoutez beaucoup, imitez, et n’imposez pas l’accent final du français aux mots.
Les pièges des romaji
- Les voyelles longues sont souvent omises dans les romaji courants : « Tokyo » et « Osaka » sont en réalité Tōkyō et Ōsaka.
- Le u se lit ou : « sushi » se dit sou-chi, « Suzuki » sou-zou-ki.
- Les particules は, へ et を se lisent wa, e et o.
Le meilleur remède à tout cela est d’entendre chaque kana prononcé par un locuteur natif et de le répéter, ce que l’appli fait exactement pour chacun d’eux. Lisez ensuite les salutations et les nombres à voix haute.
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Chaque kana de l’appli a un enregistrement natif. Touchez, écoutez, répétez : les sons viennent avec les caractères.